Tchernobyl: Gestion politico-scientifique des conséquences médicales en France 33 ans après l’accident

7 octobre 2019

La réalité de la recherche médicale et des études épidémiologiques sur les maladies radio induites : hypothyroïdies néonatales, cancers de la thyroïde, thyroïdites, leucémies…

aperçu des infâmes procédés des services de l’état (scientifiques et autres) pour torpiller la vérité scientifique dans le but d’écarter l’impact de Tchernobyl sur la santé de la population.

Plus précisément pour nier la relation de cause à effet entre la progression de ces maladies et la pollution nucléaire de notre pays.

I) Arrêt prématuré et disparition d’un registre régional des cancers de l’enfant en 1996 après qu’un excès de cas de cancers de la thyroïde chez l’enfant ai été enregistré.

Il s’agit du registre de la région PACA- Corse , ouvert en 1984. Avant son arrêt une modification des données avait été faite après intervention de la Direction Générale de la Santé. Plus de détails en cliquant ici.

II) Un pic de cas d’hypothyroïdie néonatale en région PACA Corse, en 1986, pathologie très significative d’une pollution nucléaire, passé sous silence et non étudié par le responsable du registre en raison d’un refus de la hiérarchie. Pour plus de renseignements, cliquez ici.

III) discordance des données officielles du nombre global des cas d’hypothyroïdie néonatale en France métropolitaine en 1986 (179 cas dans la publication de ML Briard et 193 dans le bulletin officiel de liaison des statistiques officielles- la dépêche-). Manipulation des chiffres ?

IV) Une pathologie totalement ignorée :la thyroïdite de Hashimoto dont l’incidence a très fortement augmenté après 1986, qui a concerné des millions de personnes en France est une pathologie totalement passée sous silence par l’Institut de veille sanitaire (INVS) devenu l’Agence Nationale de santé publique (ANSP).

Les scientifiques indépendants de l’Hôpital Galliera de Gênes , dans l’étude financée par la Collectivité Territoriale de Corse a montré la forte augmentation d’incidence de ces maladies en lien avec l’accident de Tchernobyl.

V) Une étude capitale erronée de l’Institut de Veille Sanitaireréalisée en 2006 sur les évolutions d’incidence des cancers de la thyroïde des enfants et des adolescents publiée dans le BEH d’avril 2006 (bulletin épidémiologique hebdomadaire) est totalement aberrante puisque s’appuyant sur des bases fausses. Ref extraits BEH

cf courrier au ministère de la santé du 1er juin 2016. co-signé par la CRIIRAD, l’AFMT, l’association Henri Pezerat et Dr Denis Fauconnier

relance du 31/08/2016

précisions par communiqué commun du 24/10/2016

relance du 27/09/2017

réponse du ministère des solidarités et de la santé le 13/11/2017

VI) Publication tronquéedans le BEH d’avril 2016 concernant le bilan sanitaire final de Tchernobyl en France puisque cette publication ne fait pas état de l’évolution des augmentations d’incidence du cancer de la thyroïde chez l’enfant et l’adolescent après que l’étude antérieure sur la période 97/2001 ait montré un excès de cas significatif

Pour en savoir plus : Consulter le BEH et le courrier adressé à la ministre ici.

VII) Une importante étude bloquée. L’étude cas témoins sur les facteurs de risque du cancer de la thyroïde des sujets jeunes (population à risque après l’accident de Tchernobyl) dans l’Est de la France réalisée par l’INSERM, sous la direction de Florent De Vathaire, étude très approfondie avec une analyse génétique sur près de 1700 personnes, malades et témoins, 1 million d’euros de budget prévisionnel, débutée en 2006 , n’a toujours pas publié de conclusions.

VIII) Modification des rubriques publiées dans le bulletin du registre des cancers de l’Isère après révélation inconcevable de la première place prise par le cancer de la thyroïde parmi les autres localisations cancéreuse chez les jeunes femmes de 15 à 29 ans dans ce département depuis les années 2002-2006. La rubrique du classement des localisations cancéreuses par tranches d’age et par sexe a été supprimée dans le bulletin annuel depuis 2012. Documents disponibles ici.

IX) Statistiques françaises au secret : refus d’ouvrir les registres médicaux à des chercheurs indépendants : les scientifiques de l’Hôpital Galliera de Gênes sous la direction du Professeur Paolo Cremonese, se sont vu refuser les chiffres nationaux de hypothyroïdie néonatale avant 1991 alors que le test de dépistage de l’hypothyroïdie néonatale est systématique et obligatoire depuis 1978.

X) Des études épidémiologiques non réalisées : le plus judicieux pour étudier l’impact de Tchernobyl sur la santé des populations aurait été de comparer la santé globale des personnes de 2 cohortes, l’une qui aurait subi de plein fouet la contamination, par exemple celle des personnes nées en 85 et 86 à l’autre totalment épargnée (du moins par les iodes radioactifs) par exemple celle des personnes nées en 87 et 88. Cela paraît d’une grande logique mais n’a pas été envisagé par les scientifiques.

XI) la légèreté inadmissibles des arguments du ministère de la santé dans son courrier en réponse à la demande de l’AFMT, la CRIIRAD, l’association Henri Pezerat et moi même. Cf réponse du 13/11/2017, cf commentaires

.refus de reprise de l’étude erronée de l’INVS de 2006

.pas de compléments précis sur la publication tronquée

.des explications très peu convaincantes au sujet des irrégularités des publications

.une incohérence manifeste dans les graphiques transmis par le ministère sur l’évolution des taux d’incidence du cancer de la thyroïde chez les jeunes de 15 à 20 ans (2 graphiques différents en début et fin du courrier ministériel pour cette même tranche d’age) Cf commentaire à la réponse du Ministère de la santé

. une cassure de courbe au début des années 2000 est la signature de Tchernobyl.

j’invite des scientifiques et des journalistes à décortiquer chacun des éléments de ce constat et réquisitoire.

Le Ministère cautionne ces infâmes tromperies et aberrations .

La recherche médicale sensible sous la tutelle ministérielle est très encadrée par le pouvoir politique lui même sous la coupe du lobby nucléaire.

Des scientifiques peu scrupuleux et des journalistes grands naïfs ou complices actifs , style Pascal Praud de C News ou Géraldine Woessner du Point, relaient ces informations erronées ou tronquées.

l’information scientifique pour le grand public est torpillée ; ce qui a pour conséquences de ne pas faire évoluer efficacement le système de radioprotection ou plus généralement des risques liés aux accidents technologiques , on pense à la carence dans la protection des populations exposées au panache toxique de l’usine Lubrizol en feu. Il faut s’attendre à Rouen et sa région à un encadrement rigoureux des statistiques médicales.

Docteur Denis Fauconnier le 6 octobre 2019 nuage.radioactif.com

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Lettre à Jêrome Rodriguez, Gilet Jaune

15 janvier 2019

Courrier à Jérome Rodrigues, gilet jaune, et à Pascal Praud, journaliste suite au débat sur Cnews du 2 janvier où furent évoquées les conséquences sanitaires du nuage de Tchernobyl sur la France.

Messieurs,

Depuis plus de 3 décennies on enregistre une très forte augmentation des maladies thyroïdiennes : nodules, goitres, thyroïdites de Hashimoto, cancers, dérèglements etc.

Les graphiques et publications officiels en ce qui concerne les cancers de la thyroïde l’attestent .

Cancers papillaires de la thyroide

Graphiques du BEH du 26.4.2016 et de l/Agence Nationale de Santé Publique dans le courrier du Ministère des Solidarités et de la santé du 18/11/2017.

cancers papillaires de la thyroide

Dans le même temps explosion des ventes de Lévothyrox , graphique ci-joint, source AFMT.

Chiffre de vente du levothyrox

En mai 86 le nuage de Tchernobyl a survolé la France.les radionucléides , particules radioactives, ont contaminé l’environnement : l’air,le sol, l’eau, les végétaux. cf. travaux de la CRIIRAD.

AUCUNE contre mesure n’a été prise pour protéger la population même pas pour les plus vulnérables(enfants, femmes enceintes) alors que certains produits alimentaires enregistraient une contamination dépassant largement les normes,recommandations et règlements.

Aussi on ne peut espérer qu’un organisme scientifique d’État , l’InVS, devenu ANSP, apporte une preuve irréfutable du lien de cause à effet entre Tchernobyl et la forte augmentation des pathologies thyroïdiennes.

Des registres français enregistrent, avec des registres italiens, les plus fortes hausses d’incidence du cancer de la thyroïde pour l’Europe. De l’ordre de 600 % d’augmentation en France depuis Tchernobyl pour le cancer papillaire, seul type reconnu comme radio induit.

Les deux facteurs de risque avérés du cancer de la thyroïde sont : l’exposition aux rayonnements ionisants (externe et interne) et les carences en iode , mais ce dernier facteur n’est plus d’actualité en raison de la généralisation des sels iodés. D’autres facteurs ne sont que suspectés : pesticides, détergents, perturbateurs endocriniens.

Ces hausses anormales d’incidence reconnues sont surtout mises sur le compte de l’évolution des pratiques médicales ce qui est contestable .

cf. thèse de doctorat en médecine de Sophie Fauconnier (2006).

de même le manque de corrélation franche entre contamination au Cs 137 et cancers de la thyroïde, mis régulièrement en avant pour écarter l’impact de Tchernobyl, peut s’expliquer par les phénomènes météorologiques locaux faisant varier le type de dépôts (pluie, bruine, brouillard) , mais aussi les disparités régionales dans les habitudes alimentaires , les types d’élevage et cultures et l’intervention d’autres pollutions locales.

Depuis 1986 on a assisté à bon nombre de faits troublants concernant les études (ou leur absence) sur l’impact médical de Tchernobyl.

En voici une sélection :

1) la région PACA-Corse , une des régions les plus concernées par les retombées de Tchernobyl enregistre un pic d’hypothyroïdie néonatales en 1986 : 23 cas au lieu des 9 attendus (9 étant la moyenne des 8 années précédentes.) Cet excès a été constaté par Ségolène Aimé, scientifique dépositaire du registre qui a voulu se pencher sur ces cas ; on l’en a dissuadée.

Les hypothyroïdies néonatales sont les premières pathologies engendrées par les iodes radioactifs.

2)Discordance des données officielles : au plan national 2 publications différentes donnent pour la France métropolitaine un nombre global d’hypothyroïdies néonatales différent : 179 pour M.L. Briard (Paris) dans son article « l’explosion de Tchernobyl a-t-elle augmenté l’incidence des hypothyroïdies congénitales en France » et 193 cas dans la publication des statistiques officielles dans le bulletin de liaison « la dépêche ». Pourquoi cette discordance ?

3) modification des données et arrêt – disparition du registre régional des cancers de l’enfant PACA-Corse en 1996 , registre tenu par le Professeur Bernard de Marseille .

17 cas de cancers de la thyroïde de l’enfant entre 1984 et 1994 dont 14 cas entre 1992 et 1994 .Soit 3 cas en 8 ans puis 14 cas en 3 ans.

Une nouvelle répartition est faite,après intervention de la Direction Générale de la Santé, dans un communiqué et le registre s’arrête sans explication.

Il est fort probable que ce registre ait enregistré également une hausse des leucémies de l’enfant puisque cela a été constaté en Corse. Au final, quand un registre dérange on l’arrête.

4) l’énorme hausse des pathologies thyroïdiennes autres que les cancers (thyroïdites, goitres, nodules, dysfonctionnements) est totalement passée sous silence donc non étudiée. Elle concerne des millions de Français, véritable problème de santé publique totalement ignoré et un coût colossal pour la société.

L’affaire du Levothyrox nous a rappelé l’importance de l’épidémie des maladies de la thyroïde.

l’étude financée par la Collectivité Territoriale de Corse confiée à l’équipe indépendante du Professeur Cremonese de l’hôpital Galliera de Gênes en 2012 chiffre l’excès des thyroïdites à +78,28 % pour les femmes et + 55,33 % pour les hommes, et ce, après avoir été très rigoureuse dans l’application des facteurs de confusion.

Tous les médecins généralistes et endocrinologues et chirurgiens du cou, qui ont exercé avant et après Tchernobyl ont été les témoins de ces hausses.

5)Une analyse descriptive approfondie de l’incidence des cancers de la thyroïde chez les enfants et adolescents pendant la période 1997/2001, publiée dans le BEH en avril 2006,part du principe que

« les jeunes nés après le 1er juillet 86 n’ont pas été contaminés par les retombées radioactives du nuage de Tchernobyl » ce qui est une aberration pour 3 raisons :

-dans plusieurs régions l’iode 131 est toujours présent dans l’environnement au cours du mois de juillet 86

-les jeunes nés à partir du 1er juillet et jusqu’au début de l’année 87 ont été contaminés à l’état de fœtus

-les fœtus constituent une cohorte très vulnérable.

Cette étude s’appuyant sur des bases fausses ne peut avoir que des conclusions erronées.

La CRIIRAD, l’AFMT, l’Association Henri Pezerat et moi même n ‘avons pu obtenir la reprise de cette étude par l’ANSP. Demande faite par courrier au Ministère des Affaires Sociales de la Santé et des Droits de la Femme le 1er juin 2016, relance le 31/08/ 2016 , puis au Ministère des Solidarités et de la Santé le 27 septembre 2017.

6) Une publication dans le BEH le 26.4.2016 visant à faire un point rassurant sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl en France qui passe totalement sous silence l’évolution des taux d ‘incidence du cancer de la thyroïde chez l’enfant alors que le registre PACA-Corse et l’ étude précédente (d’avril 2006 citée ci-dessus) avaient montré des augmentations de cancers de la thyroïde chez l’enfant et l’adolescent surtout pour la tranche des 10-14 ans entre 87 et 2001 ; un suivi s’imposait.

7) une étude cas témoin dirigée par Florent de Vathaire de l’INSERM sur les facteurs de risque des cancers de la thyroïde chez les sujets jeunes nés après le premier janvier 1971 dans l’Est de la France et ayant développé un cancer différencié de la thyroïde entre 2002 et 2006 , étude mise en route en 2005 avec un budget prévisionnel d’1 000 000 € . Cette étude comportait un interrogatoire approfondi et des analyses ADN sur plus de 1500 personnes, les résultats étaient prévus en 2010. Pas de conclusion à ce jour, l’étude est »bloquée ».

8 ) Le plus judicieux pour étudier l’impact de Tchernobyl sur la population serait de comparer la santé globale des personnes de 2 cohortes. L’une qui aurait subi de plein fouet la contamination , par exemple celle des personnes nées en 85 et 86 , à l’autre totalement épargnée du moins par les iodes radioactifs , par exemple celle des personnes nées en 87 et 88. Cela paraît simple et très logique mais n’est pas du tout envisagé par les scientifiques .

Monsieur Praud essayez de vous pencher sérieusement sur ces différents problèmes et aberrations scientifiques, éclairez nous , vous comprendrez vite ce qu’est le lobby nucléaire avec son réseau politique à pied d’œuvre pour « encadrer » les études et torpiller la vérité scientifique.

InVS : Institut de veille sanitaire

ANSP : Agence nationale de Santé Publique

BEH : Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire , publications de l’InVS devenu ANSP en 2016

Costa le 13 janvier 2019

Docteur Denis FAUCONNIER

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Impact sanitaire de tchernobyl en France.

3 novembre 2016

Histoire d’un contrôle de la politique sur les études scientifiques

L’institut de veille sanitaire devenu cette année agence nationale de santé publique en flagrant délit de tromperie.

Le ministère de la santé tarde à s’expliquer.

Par courrier en date du 1er juin, l’AFMT,l’association Henri Pézerat, le Dr Fauconnier et la CRIIRAD interpellaient Mme Marisol Touraine sur des anomalies graves identifiées dans des publications de l’InVS relatives à l’augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde. cliquez ici pour consulter ce courrier.

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Communiqué commun du 24/10/2016
Se sont associés à la CRIIRAD, le Dr Denis FAUCONNIER,
Annie THÉBAUD-MONY (Association Henri PÉZERAT & GISCOP93) et Chantal LHOIR (AFMT)

« Épidémie » de cancers de la thyroïde :
Faut-il poursuivre l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) pour délit de tromperie ?

L’InVS a célébré le 30ème anniversaire de la catastrophe de TCHERNOBYL avec un rapport qui constitue un véritable déni de droit pour les victimes, passées et à venir, des polluants cancérogènes.
L’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ne serait pas réelle mais proviendrait pour l’essentiel de l’amélioration du dépistage et de la découverte de micro-cancers qui n’auraient jamais atteint de stade clinique. Rien ne prouverait, en particulier, le rôle des pollutions radioactives.
Le 1er juin 2016, en réaction à cette publication, le Dr Fauconnier, l’Association Française des Malades de la Thyroïde, l’Association Henri Pézerat et la CRIIRAD ont adressé une demande au ministère de la Santé, ministère de tutelle de l’InVS.
Cinq mois plus tard, en dépit d’une relance, aucune réponse de fond n’est encore parvenue. Les signataires ont donc décidé de rendre publique leur critique des travaux de l’Institut de Veille sanitaire : méthodologie inadaptée, données non actualisées, erreurs de raisonnement.
Cet institut est désormais intégré dans Santé publique France qui a pour mission de « protéger efficacement la santé des populations », « d’anticiper et d’alerter par la veille et la surveillance épidémiologique ». Les associations demandent à Mme Touraine, ministre de la santé, des actes concrets prouvant la réalité de ces engagements : la publication de toutes les données d’incidence sur le cancer de la thyroïde et la correction des erreurs de raisonnement qui biaisent l’analyse des données et conduisent à masquer l’impact de Tchernobyl.
Cela fait 30 ans que les autorités françaises s’emploient à étouffer le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl. Par exemple, aucune enquête officielle n’a jamais été ouverte, en dépit de demandes répétées, sur le pic d’hypothyroïdies néonatales de 1986, alors qu’il constitue la preuve de l’importance de la contamination subie par la population et de la réalité des dommages. Pour que ceci ne se reproduise jamais, des garanties et des outils doivent impérativement être mis en place.
Face à l’explosion de l’incidence des cancers, il est impératif de mettre en œuvre des registres de cancer qualitatifs, documentant l’exposition personnelle et professionnelle des malades, et de réorienter d’urgence la recherche en santé publique, afin qu’elle soit effectivement au service de la connaissance, de la reconnaissance et de la prévention.

Lire la critique des travaux de l’InVS, communiqué de presse du 24 Octobre 2016.

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L’affaire du registre des cancers PACA Corse arrêté prématurément en 1996

18 octobre 2016

Avant 1999 la France possède 7 registres régionaux de cancers pédiatriques. Le registre de la région PACA/ Corse est ouvert en 1984. (réf.1) Le 8 mars 1996 les épidémiologistes de l’IPSN rencontrent à Marseille les responsables du registre. Le 28 mars 1996 Annie Sugier, Directrice de l’IPSN (institut de protection et de sûreté nucléaire) fait une conférence de presse devant les journalistes du Nouvel Observateur ; l’AFP sort une dépêche, le Monde en fait sa Une : le registre PACA/Corse a enregistré un excès de cancers de la thyroïde pendant la période 92/94. 14 cas sur ces 3 années alors que l’on avait seulement enregistré 3 cas entre 1984 et 1991, donc 3 cas en 8 ans. (réf.2 et réf.3) Ces chiffres sont accablants. Autour de Tchernobyl , en Biélorussie, c’est précisément au cours de ces années qu’ont été enregistrées les augmentations de cancers de la thyroïde de l’enfant. Une semaine plus tard la DGS (Direction Générale de la Santé) apporte un démenti. Il y aurait eu une erreur et une nouvelle répartition des cas est mise en avant. L’IPSN et l’ORS PACA s’étaient engagés « à vérifier l’exhaustivité des données recueillies par le registre régional et les analyser », propos publiés dans le Provençal/la Corse du 5 avril 1996 (réf.4 et 5). On n’a plus eu d’autres explications mais le plus troublant est que le registre a cessé de fonctionner à cette époque (1996) ! quand un registre dérange on l’arrête. (réf. 6) il est fort probable que ce registre avait également enregistré l’augmentation des leucémies aiguës de l’enfant constatées en Corse. En Belgique le Professeur Luc Michel (à l’Université Catholique de Louvain) a chiffré la recrudescence des cancers de la thyroïde des enfants dans son unité médicale spécialisées dans les glandes endocrines à l’hôpital de Mont Godinne.

Docteur Denis Fauconnier

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L’excès des hypothyroïdies néonatales en région PACA Corse en 1986

14 octobre 2016

Le test de dépistage systématique des hypothyroïdies à la naissance est réalisé en France depuis 1978 (réf.1).

Entre 1978 et 1985 322009 tests de dépistage ont été effectués dans la région PACA-Corse. 75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en 8 ans. Soit une fréquence de 1 cas pour 4293 tests, soit une moyenne de 9,3 cas par an avant 1986.

Dans cette même région 56508 tests ont été effectués en 1986, il a été dépisté 23 cas d’hypothyroïdies néonatales, ceci représente un cas pour 2457 tests, soit un excès de 14 cas par rapport à la moyenne.

Ces chiffres sont éloquents. Les départements et surtout les mois de naissance des cas recensés en 1986 sont nécessaires pour se prononcer de manière irréfutable.

Les organismes centralisateurs, les différents ministères et DGS (direction générale de la santé) ont refusé de nous donner ces informations.

Pour la Corse nous avons pu néanmoins obtenir des informations auprès des médecins spécialistes de la DASS et de la population.

Corse du SudHaute CorseTotal Corse
1980022
1981022
1982000
1983000
1984000
1985112
1986325

Donc une moyenne de 1 cas par an pour la Corse avant 86 pour 2800 naissances et 5 cas en 1986 dont 4 cas survenus entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.

N.B. : les 2 cas dépistés en Haute Corse en 1986 seraient nés en juillet. (témoignage du pédiatre hospitalier de Bastia). Pourtant nous avons connaissance d’un cas survenu en septembre 86 (originaire d’une famille d’éleveur de Castagniccia). Ce cas ne serait donc pas répertorié…

Pour les années suivantes l’équipe de l’Hôpital Galliera publie les données à partir de 1995.

De 1995 à 2003 il a été dépisté 12 cas durant ces 9 années, soit une moyenne de 1,33 cas par an. Certes la cohorte n’est pas importante mais il y a bien eu un pic en 1986. Cela constitue un marqueur de premier ordre. La logique aurait voulu que les hypothyroïdies de PACA-Corse aient fait l’objet d’une analyse. L’équipe de l’hôpital Galliera n’a pas pu obtenir les chiffres avant 1990, notamment ceux de 1986.Les données du registre de l’hôpital de Marseille AREDEMAG ne sont disponibles qu’à partir de 1990 or les données précédant cette date existent bel et bien mais ne sont pas accessibles. D’autres personnes qui ont voulu se pencher sur le pic de 1986 en ont été dissuadées.

Pour la France entière à propos du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales en 86 on note des incohérences dans les publications :

179 cas pour M.L. Briard (Paris) dans son article « l’explosion de Tchernobyl a-t-elle augmenté l’incidence des hypothyroïdies congénitales en France ».

193 cas pour les statistiques officielles centralisées par le Professeur Farriaux (hopital Huriez de Lille) publiées dans le bulletin de liaison « la dépêche ».

Docteur Denis Fauconnier

Gestion politique de Tchernobyl en periode critique

12 mai 1986, les ervices vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d'Iode 131 par litre de lait.


12 mai 1986, les services vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d’Iode 131 par litre de lait

Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.


Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.

Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l'intérieur de Charles Pasqua.


Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l’intérieur de Charles Pasqua.Extrait d’une note secrète envoyée aux préfets en direction des DASS :
-contaminations très élevées
-Accord entre le SCPRI et l’IPSN pour taire les faits chiffrés de la contamination

15 mai, extrait d'une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes.


15 mai, extrait d’une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes : “Les informations ne doivent pas nous desservir”.

mi mai, matignon décide l'exportation frauduleuse des produits frais.


Mi mai, matignon décide l’exportation frauduleuse des produits frais.

Tags: CancerCorsehypothyroïdies néonatalespacaTchernobyl
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Réflexions sur les rapports de l’InVS d’avril 2016 et d’avril 2006 concernant les cancers de la thyroïde après l’accident de Tchernobyl

2 mai 2016

Dans le rapport d’avril 2016, pour la période 2003-2007,  on  reconnait que ce sont des registres français et italiens qui montrent les plus fortes incidences du cancer de la thyroïde en Europe.

On s’étonne que, dans ce rapport, on n’ait pas de données chiffrées après 2012 alors que  les augmentations d’incidence sont importantes ;  et surtout, que n’ait pas été publiée l’évolution des taux d’incidence pour les cohortes de moins de 30 ans alors que ces données se retrouvent dans le rapport d’InVS 2006. Dans ce dernier rapport, la tranche des jeunes de 10 à 14 ans ou même  0-14 ans, pour la période 1997-2001, affichent une très forte augmentation d’incidence par rapport aux périodes antérieures malgré l’exclusion des données de la Région PACA-CORSE. Par ailleurs, dans ce rapport,  il est précisé que ces augmentations ne semblent pas liées au dépistage de tumeurs de petites tailles.

Dans le rapport de 2006, concernant les augmentations d’incidence des enfants et adolescents, une analyse approfondie est faite en partant du principe  que les jeunes nés après le 1er  juillet 1986 n’ont pas pu être contaminés par les retombées radioactives du nuage de Tchernobyl. Deux erreurs fondamentales entachent ce principe :

la première est que même  l’iode  131 radioactif d’une période de 8 jours est toujours présent dans l’environnement de plusieurs régions au cours du mois de juillet 1986 ;

la seconde est que  la cohorte des jeunes nés du 1 juillet 1986 au début de l’année 1987, contaminés à l’état de fœtus, constitue une population encore plus vulnérable vis-à-vis des radioéléments.

En conséquence, cette analyse devrait être reprise en fonction de ces observations. On peut se demander comment de telles erreurs fondamentales aient pu échapper au Comité de lecture de l’InVS avant publication dans le B.E.H..

Docteur Denis FAUCONNIER
Le 2 mai 2016

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Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe – France 3 Corse Via Stella

30 avril 2016

Le 26 avril 1986, à 01h23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait au cours d’un test de sûreté. Aujourd’hui, le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat, malgré des enquêtes sur l’augmentation du nombre de cancer de la thyroïde.

Suite ici Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe – France 3 Corse Via Stella

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Intervention Dr Fauconnier sur Telepaese

30 avril 2016

Erratum : 4min14s : Le 1er juillet 1986, et non le 1er janvier comme dit dans la vidéo.

Nutiziale du 28 Avril 2016
Cummemurazione di i 30 anni di Tchernobyl.
Intervista di Denis Fauconnier : Duttore
Telepaese du 28 Avril 2016

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BD Tchernobyl Le Nuage Sans Fin

21 avril 2016

“L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) publie une bande dessinée basée sur des pièces du dossier d’instruction de son procès perdu contre l’État français. Les planches racontent comment il a minimisé les conséquences de Tchernobyl sur le territoire national, au mépris de la santé des citoyens. ” Article à lire sur Slate.fr

Vous pouvez commander cette bande dessinée en envoyant un chèque de 15€, tarif public, plus 6€ de frais de port (6€ jusqu’à 3 exemplaires) à l’ordre de “Dr Fauconnier Denis”,à l’adresse suivante : Couvent de Tuani, 20226 Costa. Merci d’indiquer vos nom et adresse, que nous puissions vous faire parvenir votre exemplaire. La livraison se fera via la poste, en enveloppe à bulles.
Plus d’informations au 0626765563.

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Lettre à la CTC – remarques sur l’étude italienne – 06/11/2013

10 janvier 2016

Docteur Denis Fauconnier

Aux membres de la commission Tchernobyl de la CTC

Parmi les indicateurs de premier plan de l’impact d’une pollution nucléaire sur la santé des populations j’ai toujours insisté sur l’étude des hypothyroïdies néonatales, des cancers de la thyroïde de l’enfant et de l’adolescent, des leucémies de l’enfant.

Je n’ai trouvé dans les résultats de l’étude italienne aucune réponse et démarche satisfaisante.

1. l’étude des hypothyroïdies néonatales :

Nous ne retrouvons dans le rapport que des données à partir de 1995 pour la Corse et les régions « limitrophes », ce qui ne présente strictement aucun intérêt pour notre étude puisque l’effet des iodes radioactifs est immédiat sur ce type de pathologie. Existence ou non d’un excès en 1986 était la réponse attendue.

L’équipe italienne écrit en ce qui concerne la région PACA-Corse « pas de données disponibles avant 1990 » c’est ce qu’on leur a dit mais c’est totalement faux. (cf. ci-joint) : il y a manifestement mensonge et refus de communiquer les données à une équipe de chercheurs, ce qui n’est pas acceptable. Un pic dans le nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales existe bien en 1986 en Corse. Cf. ci-joint

2. les leucémies de l’enfant :

L’étude italienne montre une augmentation du taux d’incidence des leucémies aiguës de l’enfant entre la cohorte exposée et les cohortes non exposées, sans que cette augmentation ne soit statistiquement significative. Ces résultats m’imposent deux remarques :

on ne peut pas dire que la cohorte des enfants nés et malades après 86 constitue une cohorte non exposée. Les leucémies ne sont pas spécifiquement induites par les iodes radioactifs de courte durée, l’irradiation a pu être faite après 86 par les radioéléments de période plus longue tels les césiums 134 et 137 ; une irradiation de cellules germinales ou des gamètes n’est pas à écarter.

il est regrettable que nous ne disposions pas de graphique où figure le nombre de cas de leucémies en fonction de l’année de naissance. Nous avons remarqué en Corse un excès de leucémie de l’enfant pour les cohortes nées en 85 et 86. Peut-être les données n’étaient pas disponibles.

3. les cancers de la thyroïde :

L’augmentation après avoir éliminé tous les facteurs de confusion n’est pas significative, voire inexistante, pourtant dans sa critique du rapport l’INVS place la Corse parmi les régions où l’incidence du cancer de la thyroïde est la plus forte de France avec l’Isère et la Vendée (réseau Francim) pour les périodes 1998-2001 et 2002-2006 et cette incidence a augmenté entre les deux périodes.

Il est bon de préciser que l’Isère qui possède un registre des cancers et qui a subi d’importantes retombées de Tchernobyl a enregistré une augmentation des cancers de la thyroïde de 500% en 20 ans à partir de 1986 et plus précisément une augmentation de 800% du cancer papillaire de la thyroïde qui est la forme radio-induite.

Par ailleurs le cancer de la thyroïde est devenu en Isère la première localisation cancéreuse chez les jeunes femmes de 15 à 29 ans à partir des années 2002. (Impensable avant les années 80)

Comment se fait-il que l’étude italienne n’ait pas montré cet accroissement de l’incidence reconnue officiellement ? Est-ce une exagération de la prise en compte des facteurs de confusion ?

En ce qui concerne les cancers de la thyroïde de l’enfant il est impératif d’exiger toute la transparence sur l’arrêt prématuré du registre régional des cancers de l’enfant de la région PACA-Corse. Registre ouvert en 1984 – stoppé en 1996, après la découverte d’une anomalie, un excès de cancers de la thyroïde en PACA-Corse (cf.détail ci-joint).

Quand un registre dérange on l’arrête.

A ce propos, nous avions entendu, à la CTC, en juin 2006, Florent de Vathaire , directeur de recherche à l’INSERM , qui cherchait une aide financière pour son étude de cas témoins qui concernait des adultes jeunes de l’Est de la France, Corse comprise, qui avaient moins de 15 ans en 1986 et qui ont développé un cancer de la thyroïde entre 2002 et 2006.

Il a ainsi retrouvé 850 cas pour cette période qu’il a étudié : interrogatoire approfondi et analyses chromosomique et génétique. Cohorte qu’il a comparée à 850 cas témoins sains. Pour finaliser l’étude il lui fallait disposer de la carte de France des dépôts radioactifs de Tchernobyl établie par l’IRSN pour tenter d’établir une corrélation entre les pathologies et l’intensité des dépôts radioactifs. Demande faite en 2008. En 2011 il n’avait toujours rien obtenu. M. Repussard, directeur général de l’IRSN, n’a pas voulu délivrer les données « Nous avons voulu éviter à M. De Vathaire une erreur méthodologique grave, car une étude fondée sur la cartographie des retombées n’a pas de sens » nous en déduisons que M. Repussard a un grand sens de l’humour. Nous n’avons toujours pas les résultats de cette étude. (cf. ci-joint)

On ne peut accepter de tels procédés qui entravent la science. Il faut exiger une transparence totale. Sans cette transparence il est logique de remettre en question toutes les publications statistiques concernant la santé en France.

La commission Tchernobyl, la CTC, l’ORS, se doivent d’interpeller le Ministre de la Santé pour exiger tous les éclaircissements concernant l’affaire du registre de l’enfant de la région PACA-Corse et concernant le pic en 1986 du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales de cette même région PACA-Corse avec l’impossibilité pour l’équipe de chercheurs de l’hôpital Galliera d’obtenir des données avant 1990

À Costa le 6 novembre 2013

4 pj : cancer de la thyroïde de l’enfant en région PACA-Corse, l’affaire du registre registre-des-cancers-paca-corse

Les hypothyroïdies néonatales hypothyroidies neonatales

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