La coordination Stop Golfech alerte les 66 élus sur la potabilité de la Garonne

Ces citoyens militants ont adressé une lettre alarmante aux élus.

PB – MORAD CHERCHARIPublié le 30/09/2019 à 18:32 , mis à jour à 18:55      EnvironnementAgenLot-et-Garonne

Ces citoyens militants ont adressé une lettre
                alarmante aux élus.

l’essentiel Implantée depuis 2003 à la station de pompage de Boé, la balise de contrôle en continu de la radioactivité de l’eau est hors service depuis des mois. Dès juillet, Stop Golfech et les associations militantes ont dénoncé cette situation en butte à un problème technique et administratif, mais elle est restée figée. Face à ce qui est considéré comme un enjeu crucial de santé publique, ils en appellent aujourd’hui à la responsabilité des élus de l’agglomération.

Les courriers adressés aux 66 élus de l’agglomération d’Agen seront déposés sans tarder par les membres de la coordination Stop Golfech, signataires avec l’ensemble des associations militantes (1.).

Tous alertent sur la potabilité de l’eau de la Garonne susceptible d’être surchargée en éléments radioactifs « agressifs » et sur la qualité de l’eau d’irrigation, représentant une menace sérieuse de santé publique. Avec un seuil critique de becquerels dépassé d’après les savants calculs qu’ils ont pu se procurer.

Pour rappel, le 24 juillet de cette année était divulguée par voie de presse l’étude de l’ACRO (association de contrôle de la radioactivité de l’Ouest) qui faisait état de radioactivité dans certains fleuves, dont la Garonne en amont de la centrale de Golfech. En 1990, les élus avaient exigé et obtenu l’analyse en continu par une balise, de la radioactivité de l’eau de la Garonne par l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).

Nucléaire et réchauffement climatique
«C’est nous, en tant que citoyens, qui devons donner l’alerte, jamais l’État! ». Le collectif demande des comptes à l’ensemble des politiques, invoque la vulnérabilité des bébés et des femmes enceintes en consommant une eau chargée en radio éléments, et en particulier les Gamma, l’iode 132 et 133, le cobalt et le tritium qui s’infiltre dangereusement dans les tissus et l’organisme.

Pour la Confédération Paysanne, Christian Crouzet estime que cela touche aussi à la bonne santé économique des fermes agricoles irriguées en partie par le fleuve et rappelle les effets délétères du nuage de Tchernobyl sur la production de fraises à l’époque. « Au-delà de ce maillon que représente la balise, c’est toute la chaîne de surveillance qui est discutable. Il y a urgence à la réparer», implore Juliette pour l’Association Française des Malades de la Thyroïde. Qu’on mette la protection des populations avant les intérêts industriels ».

Certains membres se disent en colère et prêts non pas à interpeller, mais à dénoncer. A fortiori à la lueur de la mise en garde de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Celle-ci évoquait lors d’une récente conférence de presse à Bordeaux : « une détérioration en 2018 de la centrale de Golfech, surtout la surveillance en salle de commande qui s’est traduite par des incidents et des anomalies ».

Pour la coordination, comment gérer un jour un accident industriel, si les pouvoirs publics ne sont pas en mesure de prendre à bras-le-corps la potabilité de l’eau ? Plus globalement, les membres s’interrogent sur le maintien du nucléaire à hauts risques dans un contexte de réchauffement climatique.

Monique Guittenit a indiqué que les associations allaient financer avec leurs deniers de nouvelles analyses sous l’autorité scientifique de la CRIIRAD (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), après celles déjà commandées en 2009.

  1. Associations signataires du courrier aux élus: Vivre sans le danger nucléaire de Golfech (47), Coordination Stop Golfech, France nature environnement 82, Sortir du nucléaire 82, Association Française des Malades de la Thyroïde, Amis de la terre Midi-Pyrénées, Réseau citoyen de surveillance radioactivité de Golfech, SEPANLOG, Attac 47, Colibris 47, Collectif climat Agen, Confédération paysanne 47, Horizon vert, Au fil des Séounes, ANV Action non violente Cop 21, Enercit 82, Alternatiba 82, Gilets jaunes Agen et Agir pour le Vivant
    Caroline Saint-Pierre