Communiqué de l’AFMT

L’AFMT (Association Française de la Thyroïde) a tenu le 21 septembre son Assemblée Générale annuelle à CHAMPAGNOLE (Jura).

L’association a fêté à cette occasion son « 20ème anniversaire »

Nous avons fait le point sur l’évolution du dossier du « Lévothyrox » durant l’année écoulée :

I) Nous avions, les premiers, dénoncé, l’étude de « bio-équivalence moyenne », menée en 2013/2014, car elle ne prenait pas en compte la très importante variabilité inter-individuelle des résultats entre les sujets. Elle est désormais contestée dans son principe même et donc dans sa validité. Or il s’agissait de la SEULE étude clinique menée en vue de l’AMM de la « NF » et de sa mise sur le marché.

– Avec ces données nouvelles c’est toute la justification (pseudo) scientifique de cette substitution de masse imposée en 2017 à 3 millions de « patients-cobayes » sans aucune étude clinique préalable, sur des sujets malades et pendant une durée suffisante, qui s’effondre.

– C’est la confirmation de l’impossibilité d’attribuer, sans la moindre preuve, à un prétendu « effet nocebo » les symptômes, bien réels et souvent graves, présentés par des dizaines de milliers de patient(e)s. Et cela rappelle l’absolue nécessité de prendre en compte, la parole des malades et les symptômes qu’ils présentent, surtout lorsque les faits observés ne correspondent pas aux effets attendus.

II)  Faute de ce qu’à ce jour les autorités sanitaires (Ministère et ANSM) aient fait effectuer LA MOINDRE étude scientifique pour rechercher les CAUSES OBJECTIVES de cette crise sanitaire de masse l’AFMT continue inlassablement, et malgré les difficultés de tous ordres qui nous sont opposées, à faire mener par des équipes scientifiques de haut niveau les recherches approfondies pour permettre de les élucider.

– A ce jour ces travaux progressent notablement mais, comme pour toute étude scientifique, leurs résultats exigent d’être validés (par une publication dans une revue à comité de lecture) avant d’être rendus publics. Nous demandons donc aux « patients-victimes » (et aux médias…) encore un peu de patience mais nous faisons tout pour que cette crise encore « inexpliquée » ne reste pas « inexplicable ».

III) Au plan de la « plainte pénale contre X » que nous avons déposée au nom de l’AFMT, et avec plusieurs milliers de malades, devant le Pôle Santé du TGI de Marseille.

Les choses avancent bien :

– En Novembre 2018 l’information judiciaire a été élargie, à la demande du Parquet, au  chef « d’homicide involontaire ».

– En juillet de cette année la nouvelle Juge d’instruction en charge de ce dossier a lancé une nouvelle  expertise  scientifique et a élargi le champ de celle-ci à 2 questions supplémentaires que nous lui avions suggérées.

– Nous nous félicitons de ce que, dans ce dossier, la Justice soit plus curieuse et attentive que les autorités sanitaires et cherche à établir la vérité des faits. Cela confirme la justesse de notre choix de la « voie pénale ». Même si nous savons que cela prendra nécessairement du temps.Beaucoup de temps  (voir l’exemple du Médiator)

IV) Les malades présents lors de l’AG ont fait part, dans bien des cas, de la persistance d’effets secondaires ayant fait suite à la substitution dont ils ont été victimes. Et de la difficulté (notamment pour les plus âgées), à faire « entendre » leurs plaintes par des prescripteurs trop souvent réticents à prendre en compte la responsabilité éventuelle de la « NF ».

Néanmoins la part du Lévothyrox « NF » ne cesse de décroître. En juillet 2019 24 % des patients traités avaient abandonné cette « NF », contre 11 % seulement fin 2017 (et ce compte non tenu de tous ceux qui se fournissent à l’étranger…

Plus de 750 000 patients ont déjà abandonné cette « NF ». Si après  plus de 2 ans, ce chiffre continue à augmenter. c’est que le « vécu » des patients les pousse (hors tout effet médiatique ou de mode !!!) à exiger un traitement qui leur convienne mieux. Quelle meilleure preuve des effets néfastes de cette « NF » et de la réalité objective de cette crise sanitaire ?

V ) Garantir la pérennité de l’approvisionnement en « Ancienne Formule ». A ce jour 122 000 patient(e)s français ont fait le choix de revenir à « l’Ancienne Formule », (produite en Allemagne, vendue sous le nom « d’Euthyrox », et qui continue à être vendue dans de nombreux pays étrangers) .

Si, malgré les difficultés, ils ont fait ce choix c’est qu’à l’expérience ils constatent que ce traitement leur convient bien. Comme il convenait à la quasi-totalité des patients jusqu’en 2017. Après avoir annoncé la disparition définitive de cette « AF » pour fin 2017, puis pour fin 2018, le Ministère nous a informé lors du Comité de Suivi du 2 Juillet, que « faute d’approvisionnement suffisant » ce médicament ne serait plus disponible à partir de fin 2019.

La DGS avait prévu d’organiser fin juillet une réunion pour entériner cette décision prise par MERCK et à son seul bénéfice. Face à notre opposition extrêmement ferme celle-ci a été reportée.

Nous avions fait reconnaître par l’HAS le principe selon lequel «  Pour des personnes traitées bien équilibrées et sans effet indésirable, il n’y a pas lieu de changer de traitement ».

En application de cette règle de bon sens et du principe de précaution, sachant qu’en matière de Lévothyroxine  chaque « changement de médicament» fait courir des risques significatifs l’AFMT s’opposera vigoureusement à ce que l’on impose autoritairement une nouvelle substitution, et ses  risques, à ces 122 000 patients (compte non tenu de ceux qui continuent à se fournir à l’étranger).

Si tel devait néanmoins être le cas nous exigeons, au nom  de ceux-ci, de savoir à l’avance QUI assumerait la responsabilité d’une telle mesure et donc des effets secondaires qu’elle ne pourrait manquer d’engendrer chez un certain nombre de patients concernés.

VI ) Soutenir les victimes du Médiator et tirer les leçons de cette affaire gravissime :

– Notre Assemblée Générale  s’est tenue 48 heures avant l’ouverture du procès du « Médiator » .

– Nous apportons aux victimes notre soutien chaleureux pour ce dont elles ont souffert, et continuent à souffrir. Y compris, au-delà de la maladie elle-même, pour la souffrance liée au déni de la réalité de leurs troubles et de la relation de causalité avec la prise d’un médicament qui aurait, dû être retiré du marché bien plus précocement. Sans compter la « course d’obstacle » de ces 10 ans de procédures et de manœuvres dilatoires.

– Nous attendons du Tribunal un jugement exemplaire qui fasse comprendre à « Big Pharma » que les temps ont changé et que ceux du déni et de l’impunité sont révolus. L’industrie du médicament doit comprendre qu’après SERVIER hier et MERCK aujourd’hui, c’est sa crédibilité qui est en jeu  (or sa crédibilité c’est une bonne part de son « fond de commerce »…).

– Du coté des patients la leçon c’est qu’il faut « tenir bon », ne pas céder aux pressions et ne pas lâcher prise. Nous espérons, bien sûr, qu’il faudra moins de 10 ans pour que la justice se prononce sur le Lévothyrox. Mais que MERCK n’escompte pas que ni l’AFMT ni les patients-victimes ne lâchent prise avant que justice nous soit enfin rendue.

VI) A l’issue de cette AG le Bureau et sa Présidente (Mme Chantal L’HOIR) ont été réélus à l’unanimité. L’action et la stratégie  de l’AFMT ont été validées et seront poursuivies avec ténacité.