Les nodules thyroïdiens

QU’EST CE QU’UN NODULE THYROIDIEN ?

 

Le mot nodule vient du latin nodus, qui signifie le nœud. Il s’agit donc d’un petit nœud, d’un renflement localisé de la thyroïde. Il était, autrefois, découvert exclusivement lors de l’examen visuel du cou, souvent par le malade lui-même, pendant sa toilette, ou au toucher, grâce à la palpation systématique qui permettait et permet toujours de découvrir ces nodules.

 

L’échographie

 

Depuis quelques années, l’échographie permet de mieux les situer au sein de la glande, d’en mesurer le volume, de déterminer s’ils contiennent du liquide (kyste) ou non. Cette technique extrêmement sensible soutient le diagnostic clinique du médecin lorsqu’il n’est pas certain que la petite anomalie qu’il découvre à la palpation au niveau du cou est en relation avec un nodule thyroïdien.

 

La limite est liée à son extrême sensibilité, puisqu’elle peut mettre en évidence des micro-nodules, de quelques millimètres. Or, une difficulté est que tous les micro-nodules, en particulier les plus petits, ne sont pas à considérer comme une maladie, bien qu’ils soient signalés sur les comptes  rendus d’échographie. Le rôle du médecin est donc très important pour déterminer quels sont les nodules qui nécessitent une prise en charge diagnostique particulière ou thérapeutique, parmi eux. On estime, en effet, que près de 40 à 50% de la population au delà de 50 ans peut présenter de discrètes anomalies échographiques.

 

La scintigraphie

 

Le rôle de la scintigraphie est de déterminer si les nodules thyroïdiens ainsi découverts, soit par le simple examen clinique, soit par le couple examen clinique – échographie, correspondent à du tissu thyroïdien fonctionnant excessivement, normalement ou insuffisamment. Pour ce faire, on administre un traceur (99m Tc ou 123 I) qui se fixe sur la thyroïde, d’autant plus qu’elle fonctionne plus. Ainsi peuvent être différenciés les nodules « chauds », où la fixation du traceur est très intense, les nodules « froids » où le traceur n’est pas capté, et les nodules « isofixants ».

 

Le couplage des résultats de ces examens avec ceux des analyses de biologie médicale permet d’arriver aux principaux diagnostics suivants :

 

Nodule chaud : le nodule fonctionne trop par rapport au reste de la glande. L’adénome toxique fait partie de ce groupe.  Il s’agit d’un nodule thyroïdien s’accompagnant d’une hypersécrétion hormonale et donc d’une hyperthyroïdie. Le traitement est soit isotopique (iode 131) soit chirurgical.

 

Nodule froid : plusieurs causes sont possibles, dont les cancers thyroïdiens qui représentent actuellement moins de 5% des nodules de taille supérieure ou égale à 1 centimètre. Parmi les autres causes, peuvent être cités les kystes ou les nodules pleins bénins, ces derniers étant assez souvent liés à une maladie thyroïdienne auto-immune.

 

Nodule isofixant : il s’agit de tissu thyroïdien qui fonctionne normalement en apparence. Mais cela n’explique pas l’augmentation localisée du volume de la thyroïde. Les données des autres examens, dont l’examen clinique, permettent d’orienter le diagnostic. A l’exception des kystes, les causes sont du même type que dans le groupe précédent.

En résumé, en présence d’un nodule thyroïdien, le médecin cherche à en déterminer l’origine, d’abord par des examens d’imagerie couplés à des dosages, puis éventuellement en s’aidant de l’examen au microscope du prélèvement effectué lors d’une ponction au moyen d’une aiguille très fine.

L’objectif est d’arriver à proposer la solution la plus adaptée pour chaque malade. Toute une gamme  est disponible, depuis la simple surveillance pour les micro-nodules sans caractère inquiétant, en passant par les traitements médicaux, jusqu’à l’intervention chirurgicale, selon chaque cas particulier.

Docteur G.

Traitement

Le traitement dépend de la nature du nodule. S’il s’agit d’un nodule chaud, et si la biopsie ne révèle

pas de cellules cancéreuses, on peut conclure de bon droit qu’il s’agit d’un nodule bénin. Si le

nodule est froid et la biopsie révèle la présence de cellules probablement cancéreuses, le nodule

doit alors être excisé. Au cours de l’intervention, si le nodule se révèle malin

 

 

 

 

toutes les parties

anormales de la glande sont extraites. Le chirurgien examine aussi la région du cou pour en éliminer

les nodules lymphatiques pouvant contenir des cellules cancéreuses.

 

Prévention des récidives

Plusieurs médecins prescrivent aux patients qui ont subi cette intervention chirurgicale un traitement

permanent à la thyroxine, pour éviter l’apparition de nouveaux nodules dans les tissus sains.

 

Traitement des nodules bénins

Les nodules bénins peuvent être traités à l’aide d’hormones thyroïdiennes (p.ex., thyroxine) en vue

de bloquer la production de TSH et de favoriser l’atrophie du nodule. Les patients ainsi traités

doivent être examinés tous les six mois. Ils n’ont rien à craindre si le volume des nodules

n’augmente pas. Dans le cas contraire, malgré le traitement à la thyroxine, ils pourraient être

porteurs de nodules malins, qui devront être excisés. Il convient également de souligner que la

plupart des nodules bénins ne sont pas atrophiés par la thyroxine et que peu de nodules bénins

sont traités de cette façon. Les kystes ne réagissent jamais à la thyroxine.

 

Irradiation de la thyroïde et de la région du cou

Dès les années 40 jusqu’au début des années 50, on recourait souvent la radiothérapie pour traiter

un grand nombre d’affections bénignes du thymus, des végétations adénoïdes, des amygdales et de

la peau chez les enfants. Par la suite, on a constaté que l’irradiation affecte également la glande

thyroïde. Des études ont révélé qu’environ 25 pour cent de ces patients présentent par la suite des

nodules thyroïdiens, dont environ un tiers sont cancéreux.

Les nodules thyroïdiens qui apparaissent après irradiation doivent faire l’objet d’un examen

clinique, d’une scintigraphie à l’iode radioactif et d’une biopsie, comme les autres nodules. Si les

nodules semblent cancéreux, ils doivent être excisés et le chirurgien doit examiner attentivement

toute la thyroïde pour déceler la présence possible d’un cancer. En fait, bon nombre de cliniciens

recommandent d’extirper tous les nodules thyroïdiens uniques après l’irradiation.

Il importe que les patients qui ont été irradiés mais ne présentent pas de nodules soient examinés

par un spécialiste, en raison de leur risque élevé. Si l’examen ne révèle aucun nodule, il n’est pas

nécessaire de procéder à d’autres épreuves