Pathologies auto-immunes : aspects épidémiologiques, diagnostiques et principes de traitement (A. S. Korganow, T. Martin, J.L. Pasquali, Service d’Immunologie Clinique)

1. Les maladies autoimmunes, toutes confondues, d’organes et systémiques, représentent la 3ème cause de morbidité dans les pays développés, avec des prévalence pour les plus fréquentes (polyarthrite rhumatoide) de l’ordre de 1%.
2. Sur le plan épidémiologique, peuvent être retenus comme facteurs favorisant des maladies autoimmunes (MAI) : des facteurs génétiques, en particulier certains gènes codant pour des molécules de classe II du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) ou des gènes codant pour des composants du complément ; des facteurs liés au sexe, probablement d’origine hormonale au détriment des femmes ; des facteurs extérieurs dont l’exposition aux radiations UV dans le lupus, peut-être certains agents infectieux, des expostions médicamenteuses ou à des toxiques.
3. Les MAI peuvent être individualisées en MAI médiées par des auto-anticorps et en MAI médiées par une réponse immunitaire cellulaire. Il est important de savoir : 1) que les premières sont assez bien individualisées, alors qu’il est difficile de faire la preuve d’une autoimmunité cellulaire, 2) qu’en pratique la recherche d’auto-anticorps est effectuée à titre diagnostique mais pas la recherche de lymphocytes T autoréactifs.
4. Certains auto-anticorps ont une signification physiopathologique et sont très spécifiques (anticorps anti-récepteurs dans les pathologies thyroidiennes et musculaires, anticorps anti cellules du sang, anti-membrane basale). Certains auto-anticorps ont une bonne spécificité diagnostique mais n’ont pas fait la preuve de leur pathogénicité (anticorps anti-ADN dans le lupus, facteurs rhumatoides dans la PR).
5. Des auto-anticorps retrouvés dans des MAI peuvent être mis en évidence dans le sérum de patients « normaux » ou au cours d’infections virales ou chroniques, comme des anticorps antinucléaires, des facteurs rhumatoïdes, des anticorps antiphospholipides.